À l’Assemblée nationale, les 577 députés touchent environ 7 600 euros brut par mois. Mais ce n’est qu’une partie du prix : depuis 2026, un député dispose aussi de 7 238 euros par mois pour ses frais de mandat et de 11 463 euros pour rémunérer ses collaborateurs. Le budget 2026 prévoit ainsi 347 millions d’euros de charges directement liées aux députés.
Au Sénat, les 348 sénateurs touchent également autour de 7 600 euros brut, soit environ 5 676 euros net après impôt. Les dépenses directement liées au mandat des sénateurs atteignent 168 millions d’euros en 2026.
Et après Paris commence le grand étage des élus locaux. Depuis la revalorisation entrée en vigueur en 2026, un maire d’un village de moins de 500 habitants peut toucher jusqu’à 1 155 euros brut par mois. Entre 1 000 et 3 499 habitants, c’est 2 290 euros. Entre 10 000 et 19 999 habitants, environ 2 779 euros. Entre 50 000 et 99 999 habitants, 4 522 euros. Et à partir de 100 000 habitants, le plafond atteint 5 960 euros, avec une majoration possible dans certaines grandes villes. Les adjoints peuvent eux aussi être indemnisés, de 448 euros dans les plus petites communes jusqu’à près de 3 000 euros dans les plus grandes.
Puis arrive l’intercommunalité. Le président d’une communauté de communes peut toucher de 524 euros à 4 470 euros brut par mois suivant sa population. Dans une communauté d’agglomération, une communauté urbaine ou une métropole, un président peut atteindre 5 960 euros par mois et un vice-président près de 3 000 euros. On peut donc être maire et exercer en même temps des responsabilités intercommunales, même si le cumul des indemnités est plafonné.
Un conseiller départemental touche, suivant la taille du département, entre 1 644 et 2 877 euros brut par mois. Le président d’un conseil départemental peut atteindre 5 960 euros. Même chose pour les régions : un conseiller régional reçoit entre 1 644 et 2 877 euros et un président de région peut toucher 5 960 euros, avec des majorations pour les vice-présidents et certaines fonctions.
Et là, les chiffres commencent à devenir sérieux. La DGCL estimait déjà à environ 2 milliards d’euros par an les indemnités des élus communaux et intercommunaux en 2022, dont presque 1,5 milliard pour les communes seules. Depuis, les barèmes ont encore été revalorisés, notamment en 2026.
Si l’on ajoute les principaux coûts directement liés aux mandats parlementaires, aux élus locaux, aux départements, aux régions et à la présidence, l’ordre de grandeur tourne désormais autour de 3 milliards d’euros par an, soit environ 250 millions d’euros par mois. Sans compter les frais de collaborateurs, frais de mandat, déplacements et moyens accordés aux fonctions.
Pendant ce temps, le général de Gaulle faisait distinguer à l’Élysée ce qui relevait de ses dépenses personnelles et ce qui relevait réellement de l’État. Le principe n’avait rien de compliqué : ce qui est privé se paie avec son argent. Aujourd’hui, ça passerait presque pour une révolution comptable. Un élu doit évidemment être rémunéré. Mais député, ministre, sénateur, maire, président d’intercommunalité puis retour à l’Assemblée : quand les mêmes personnes passent leur vie d’un mandat à l’autre, on finit par confondre engagement public et plan de carrière. Quand on demande aux Français de faire des économies, commencer par regarder les rémunérations, les avantages et l’empilement des fonctions politiques ne serait donc pas complètement absurde.
Angel Leclerc
