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Notre-Dame : satanisme, vitraux et intox… qui joue avec qui ?

Publié le 12 août 2026

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Notre-Dame : satanisme, vitraux et intox… qui joue avec qui ?

Il y a les histoires complètement inventées. Et puis il y a les histoires beaucoup plus pénibles, celles où suffisamment de choses sont vraies pour qu’on ne puisse pas…


Les vitraux de Viollet-le-Duc concernés ont survécu à l’incendie de 2019, mais six doivent quand même être remplacés par des créations contemporaines de Claire Tabouret. Le projet a provoqué une vraie opposition patrimoniale, jusqu’au sein de la Commission nationale du patrimoine. Jusque-là, aucun démon : seulement une décision assez étrange pour énerver beaucoup de monde. Puis Internet a regardé les nouveaux visages. Certains y ont reconnu Susan Atkins, membre de la bande de Charles Manson, d’autres Clem Grogan ou même Aleister Crowley. Est-ce prouvé ? Non. Est-ce donc automatiquement impossible ? Non plus. Pour l’instant, ce sont des ressemblances et une hypothèse, pas une preuve. Ce qui rend l’affaire un peu moins facile à balayer, c’est que Claire Tabouret et son mari Nathan Thelen ont réellement travaillé autour du mysticisme, du tarot et de Pamela Colman Smith, artiste occultiste du célèbre tarot Rider-Waite. Ils ont même présenté ensemble des autels et des vitraux inspirés de cet univers. Ça ne transforme pas automatiquement Notre-Dame en annexe de l’enfer, mais ça évite aussi de raconter que l’occultisme est une invention sortie de Facebook entre deux pubs pour des panneaux solaires.

Source : Civitas International — vidéo d’Alain Escada, « Vitraux satanistes pour Notre-Dame ? Mobilisons-nous ! », publiée le 21 mai 2026.


Reste une autre question : qui fait circuler tout ça, et pourquoi ? Parce que Notre-Dame est un cadeau magnifique pour tous ceux qui veulent mettre les Français en colère. Religion, patrimoine, Macron, élites, sentiment de profanation : il suffit de secouer le paquet. Et ça tombe bien, la Russie connaît très bien la recette. Dès 2019, des médias prorusses avaient déjà utilisé l’incendie de Notre-Dame pour raconter que la France avait abandonné ses racines chrétiennes et que la Russie défendait désormais mieux les valeurs européennes que les Européens eux-mêmes. Depuis, les services français ont documenté des dizaines d’opérations russes utilisant fausses informations, faux médias, vidéos truquées et réseaux de comptes pour taper sur les fractures françaises et sur Emmanuel Macron. Est-ce que Moscou a fabriqué l’histoire des vitraux sataniques ? Rien ne permet aujourd’hui de l’affirmer. Mais l’idée qu’un acteur étranger puisse récupérer, amplifier ou pousser une polémique pareille n’a absolument rien de délirant. C’est même suffisamment proche de méthodes déjà documentées pour mériter qu’on regarde qui lance les vidéos, qui les reprend, à quelle vitesse et par quels réseaux. Au fond, c’est peut-être ça le plus intéressant. Les vitraux peuvent être parfaitement innocents. Ils peuvent aussi contenir des références que personne n’a encore démontrées. La polémique peut être totalement française. Elle peut également être amplifiée de l’extérieur. Pour l’instant, plusieurs portes restent ouvertes.


La seule chose vraiment idiote serait de choisir la conclusion avant d’avoir terminé l’enquête. Parce qu’entre croire absolument tout et ne plus vouloir regarder ce qui dérange, il existe encore un truc assez révolutionnaire : chercher.

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