Le problème existe aussi au niveau local. Des maires ou des présidents de collectivités ont déjà été condamnés pour favoritisme, prise illégale d'intérêts ou détournement de fonds publics. Les contrôles des tribunaux administratifs et des chambres régionales des comptes montrent régulièrement que ces pratiques touchent des élus de tous les partis.Autre sujet qui fait débat : les réseaux d'influence. En France, beaucoup de responsables politiques, de hauts fonctionnaires, de chefs d'entreprise ou encore de journalistes sont passés par les mêmes grandes écoles, comme Sciences Po ou l'ancienne ENA. Cela ne prouve évidemment pas une corruption, mais cette proximité peut alimenter un sentiment d'entre-soi et soulever des questions sur l'indépendance de certaines décisions.

Les partis les plus touchés par les grandes affaires (2016-2026)
1. Les Républicains (LR) et l'ancienne UMP
François Fillon : condamné dans l'affaire des emplois de Penelope Fillon.
Nicolas Sarkozy : condamné dans l'affaire des écoutes et dans l'affaire Bygmalion ; condamné en première instance dans le dossier du financement libyen.
2. Rassemblement national
Marine Le Pen, Louis Aliot et plusieurs cadres : condamnés dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
Affaire Jeanne : plusieurs proches du parti condamnés pour le système des kits de campagne.
3. MoDem
Le parti et plusieurs responsables condamnés dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
François Bayrou a été relaxé en première instance.
4. Parti socialiste (PS)
Jérôme Cahuzac : condamné pour fraude fiscale.
Jean-Noël Guérini : condamné pour prise illégale d'intérêts.
5. Renaissance
Plusieurs enquêtes ont concerné des proches du pouvoir, notamment sur les cabinets de conseil et des conflits d'intérêts, mais ces dossiers ne se sont pas traduits par des condamnations comparables aux principales affaires citées.
6. La France insoumise (LFI)
Enquêtes sur les comptes de campagne de 2017 et sur les assistants parlementaires européens, sans condamnation définitive comparable aux grandes affaires précédentes.
Le résumé

L'exemple qui fait débat à Montpellier
À Montpellier, le média indépendant Le Poing affirme que la Ville et la Métropole ont versé plusieurs millions d'euros à Midi Libre entre 2020 et 2024 sous différentes formes (publicité, partenariats, abonnements...). Quelques semaines avant les municipales de 2026, le maire Michaël Delafosse a annoncé sa candidature dans les colonnes du journal avec une forte mise en avant. Lors d'un débat organisé par Midi Libre, Rémi Gaillard a publiquement dénoncé cette proximité. Selon lui, un média qui reçoit autant d'argent d'une collectivité peut difficilement enquêter librement sur ceux qui la dirigent. Les journalistes ont contesté cette accusation et le débat est rapidement devenu tendu.Aucune décision de justice n'a établi que Midi Libre aurait favorisé Michaël Delafosse en échange d'un soutien financier. En revanche, cette affaire relance une question essentielle : comment garantir une presse totalement indépendante lorsque les collectivités financent une partie de son activité ?Aujourd'hui, la corruption ne passe plus forcément par des enveloppes de billets. Elle peut prendre la forme de réseaux, de conflits d'intérêts ou de favoritisme. C'est précisément pour limiter ces dérives que la transparence, les enquêtes journalistiques et les décisions de justice restent indispensables dans une démocratie.