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Les légendes du Périgord Noir

Publié le 26 août 2026

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Château de Puymartin au coucher du soleil
Image : Déclic & Décolle · Sarlat Tourisme · source de l’image

Fantômes, bêtes, métamorphes, trésors cachés et soucoupes volantes : plongée dans quelques-unes des histoires les plus mystérieuses du Périgord Noir.


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Histoires & légendes

Quand la nuit tombe…

Fantômes, bêtes, trésors cachés et étranges lumières dans le ciel : sept histoires à ouvrir une par une.

👻 Fantômes 🐺 Bêtes 🏰 Châteaux 🛸 1954
Château de Puymartin
Puymartin · près de Sarlat

La Dame Blanche

Une femme enfermée dans une tour, un amour interdit et une silhouette blanche qui hanterait encore le château.

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L’histoire complète

La version aujourd’hui racontée à Puymartin situe l’affaire au XVIe siècle, pendant les guerres de Religion. Thérèse de Saint-Clar, jeune châtelaine, serait restée seule au château pendant que son mari guerroyait. Elle aurait alors entretenu une liaison avec un jeune gentilhomme du voisinage.

Le mari serait revenu sans prévenir et aurait surpris les deux amants. Selon la tradition, l’amant aurait été tué — certaines versions disent même pendu face à la fenêtre de Thérèse — tandis que la jeune femme aurait été condamnée à rester enfermée dans une petite pièce de la tour nord. La porte aurait été murée et sa nourriture lui aurait été passée par une trappe.

Elle y aurait vécu quinze ou seize ans, jusqu’à sa mort. La légende ajoute qu’au lieu de lui donner une sépulture, son mari aurait fait emmurer son corps dans la pièce. Depuis, vers minuit, une silhouette vêtue de blanc serait apparue dans l’escalier, sur le chemin de ronde et près de cette ancienne cellule : la Dame Blanche de Puymartin.

Depuis, la Dame Blanche fait partie du château. On raconte qu’elle apparaît surtout quand les couloirs sont vides, parfois dans l’escalier, parfois sur le chemin de ronde. Une forme blanche passe, puis disparaît derrière une porte ou dans un angle sombre. Et quand on connaît l’histoire de Thérèse, une promenade de nuit à Puymartin ne ressemble plus tout à fait à une simple visite de château.

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1766 · Sarladais

La Bête de Sarlat

Une créature terrorise les environs de Sarlat au moment même où la Bête du Gévaudan fait parler d’elle.

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Quand la peur gagne le Sarladais

Au printemps 1766, alors que toute la France parle déjà de la Bête du Gévaudan, les paroisses autour de Sarlat connaissent à leur tour une série d’attaques. Saint-Julien et Groléjac sont particulièrement citées. La rumeur enfle vite : on parle d’un animal immense, d’un monstre et même d’un loup-garou.

La peur est telle qu’une grande battue est organisée. Le bourgeois Dubex de Descamps réunit environ cent paysans, rejoints par d’autres habitants. L’animal est débusqué dans une montagne boisée. Plusieurs coups de feu ne l’arrêtent pas ; il se jette sur des hommes, blesse certains d’entre eux et résiste même à une hallebarde qui se tord sans le transpercer.

La bête gagne ensuite la plaine. Descamps la poursuit à cheval, la dépasse et se place devant elle. L’animal fonce. Il attend qu’elle se dresse sur ses pattes arrière, puis tire à bout portant. La bête tombe morte.

Quand la bête est enfin étendue au sol, on découvre un animal énorme, à la tête carrée, au museau pointu et à la gueule garnie de quarante-deux dents. Plusieurs personnes mordues meurent dans les jours qui suivent. Pourtant, dans les villages, l’histoire est déjà partie beaucoup plus loin : on ne parle plus seulement d’un animal. On parle de la Bête de Sarlat.

📜 Le vrai texte de 1766

Une brochure imprimée à Paris en 1766 raconte l’affaire presque à chaud. On peut encore lire le récit de la battue et de la mort de la bête.

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Il vient de paraître, aux environs de Sarlat dans le Périgord, une Bête féroce que l’on a jugé être un loup enragé, d’une grandeur extraordinaire. Cette bête féroce parcourut, avec une vitesse incroyable, les paroisses de Saint-Julien et de Groléjac. En vain nombre d’habitans de l’une et l’autre paroisse voulurent s’opposer aux ravages de ce cruel animal. Dix-huit à vingt personnes furent les tristes victimes de sa fureur.

Cet animal faisait le contraste de la Bête du Gévaudan dont il a été tant parlé ; car il semblait que celle-ci n’en voulait qu’aux hommes, au lieu que celle du Gévaudan attaquait les femmes de préférence. Prêt à fondre sur sa proie, elle hérissait son poil, et les yeux tout en feu, se dressait sur ses pieds de derrière, et tâchait de saisir sa victime, tantôt au visage, tantôt aux autres parties de la tête.

Pour arrêter les ravages de ce redoutable ennemi, dont les suites fâcheuses ne se faisaient déjà que trop sentir, le sieur Dubex de Descamps, bourgeois de Saint-Julien, assembla environ cent paysans de l’endroit auxquels se joignirent plusieurs habitans de Mareuil. Au jour assigné, vers les neuf heures du matin, on lança cet animal dans une montagne couverte de bois. Là, il fut tiré sans effet par différens particuliers sur lesquels se jetta cet animal plein de rage et qu’il blessa.

L’un d’eux aurait infailliblement péri sous la dent cruelle de cette bête féroce, s’il n’eût été secouru à tems par le nommé l’Espitalié, du bourg de Saint-Julien, qui repoussa l’animal à coups de hallebarde. Mais soit que la pointe de cette arme fût émoussée, ou que la peau fût assez dure pour y résister, la hallebarde plia sans pouvoir la percer.

La bête s’étant promptement débarrassée, gagna la plaine, et fut poursuivie par le sieur Dubex de Descamps qui tâcha de la dépasser pour la prendre en tête. L’animal voyant le sieur Dubex seul dans un pré, courut à lui de toute sa force. L’intrépide de Descamps l’attendit de pied ferme sur son cheval, jusqu’à ce que l’animal l’ayant joint, et s’étant dressé sur ses pieds, prêt à fondre sur lui, il lui tira un coup de fusil à bout portant, et le tua.

La balle était entrée par le col et sortit par les fausses côtes. On a présumé que c’était un loup enragé, dont la hauteur extraordinaire est de deux pieds et demy, parce que quatre des personnes qui ont malheureusement été blessées par ce cruel animal sont mortes avec tous les symptômes de la rage, et l’on traite les autres avec les frictions mercurielles qui ont déjà eu du succès en pareilles occasions.

Cet animal est mâle, et autant qu’on peut en juger, il n’avait que douze ou quinze mois. Sa longueur entière est de quatre pieds quatre pouces ; ses jambes de derrière sont un peu plus longues que celles de devant ; il a les oreilles grandes et larges, la tête carrée, et assez ressemblante à celle d’un Renard ; le museau pointu, la gueule large et garnie de quarante-deux dents tranchantes et affilées, dont quatre sont en forme de crochet. Il y a quelques parties ressemblantes à celles d’un lévrier ; son poil mêlé de gris et de fauve est moins rude que celui d’un loup ordinaire et approche assez de celui du Renard.

Le seigneur sensible aux vœux des malheureux, et toujours prêt à leur faire sentir les effets de sa clémence, inspira au sieur Dubex de Descamps ce courage et cette activité si nécessaires pour délivrer le Pays d’un animal si redoutable.

Lu et approuvé ce 5 août 1766. Vu l’approbation, permis d’imprimer ce 7 août 1766. De Sartine.

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Folklore périgourdin

Le Lébérou

Le cousin périgourdin du loup-garou : une personne maudite condamnée à courir la nuit sous une peau d’animal.

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Une malédiction à parcourir avant l’aube

Dans les vieux récits du Périgord, le Lébérou est un homme — parfois une femme — frappé d’une malédiction. Le jour, personne ne remarque rien. Mais quand la nuit tombe, il quitte sa maison, rejoint une fontaine ou un endroit isolé et revêt une peau de bête.

À la nuit tombée, il se rend près d’une fontaine et revêt une peau de bête : lièvre, renard, lapin, mouton ou loup selon les conteurs. Une femme Lébérou prendrait plutôt l’apparence d’une chèvre. Une fois transformé, il doit parcourir à quatre pattes sept paroisses et passer sous sept clochers avant l’aube. Certaines versions remplacent les clochers par sept fontaines.

La course est épuisante. Quand ses forces l’abandonnent, le Lébérou guette un passant attardé, lui saute sur le dos et s’y agrippe. Le malheureux peut courir, se débattre ou tenter de le faire tomber : rien n’y fait. Dans certaines variantes, si le Lébérou réussit son parcours grâce à lui, la malédiction passe au porteur.

D’autres récits lui prêtent un goût pour les jeunes filles qui sortent après la tombée de la nuit : il les surprendrait et les embrasserait de force, manière assez transparente d’effrayer les jeunes gens et de les pousser à rentrer tôt. Le jour, en revanche, le Lébérou redevient un humain ordinaire, parfois même quelqu’un de parfaitement respectable.

Un signe permettrait de le reconnaître : lorsqu’il serre une main, sa paume resterait tournée vers le bas. Et si le parcours n’est pas achevé avant le lever du soleil, il doit recommencer la nuit suivante.

Thonac

La tour penchée par amour

Une tour qui penche réellement et une légende où l’amour aurait réussi à faire bouger la pierre.

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Le troubadour et la jeune prisonnière

À Thonac, la tour de la Vermondie existe réellement et son inclinaison se voit très bien. C’est autour de cette particularité qu’une vieille histoire locale s’est construite.

Le seigneur du lieu aurait découvert que sa fille était amoureuse d’un jeune troubadour de passage. Refusant cette relation, il l’aurait enfermée tout en haut de la tour afin de la tenir éloignée du jeune homme.

Le troubadour ne renonce pourtant pas. Chaque soir, il revient au pied de la tour et chante pour elle. La jeune femme lui répond depuis sa fenêtre. Les jours passent, puis les semaines. Ils continuent de s’appeler, de chanter et de soupirer l’un vers l’autre sans pouvoir se rejoindre.

La légende raconte alors que la pierre elle-même finit par avoir pitié des deux amoureux. À force d’entendre leurs soupirs, la tour se serait lentement penchée en direction du troubadour, jusqu’à rapprocher suffisamment la fenêtre du sol pour permettre aux deux jeunes gens d’échanger enfin un baiser.

Et depuis, la tour est toujours là, légèrement inclinée, comme si elle avait gardé dans la pierre le souvenir des deux amoureux. Le soir, quand la lumière tombe sur Thonac, l’histoire devient tout de suite beaucoup plus facile à imaginer.

Graffitis de la Porte des Tours à Domme
Domme

Les mystérieux graffitis

Des centaines de signes dans la pierre, longtemps présentés comme les derniers messages de Templiers emprisonnés.

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Photo : Office de tourisme Périgord Noir Vallée Dordogne.

Templiers… ou pas ?

À la Porte des Tours de Domme, les murs sont couverts de centaines de graffiti : croix, crucifix, personnages, figures géométriques, inscriptions et signes parfois difficiles à lire. Leur présence est incontestable ; leur interprétation l’est beaucoup moins.

Dans les années 1970, le chanoine Paul-Marie Tonnelier étudie ces gravures et développe une hypothèse devenue célèbre : environ soixante-dix Templiers, arrêtés après l’ordre royal de 1307, auraient été détenus à Domme. Les dessins seraient alors leurs prières, leurs protestations et leurs derniers messages. Tonnelier y voit notamment une foi très forte dans le Christ et une hostilité envers le pape Clément V, accusé d’avoir abandonné l’ordre.

Cette lecture a marqué durablement l’image de Domme. Elle a été reprise dans des ouvrages et des guides pendant des décennies, au point que les « graffiti des Templiers » sont devenus presque une légende locale à part entière.

La légende veut que ces signes aient été tracés par les prisonniers eux-mêmes : prières, croix, messages et symboles laissés dans la pierre pendant leur détention.

Quand on s’approche aujourd’hui des murs de la Porte des Tours, les marques sont toujours là. Certaines sont nettes, d’autres presque effacées. On peut les regarder longtemps sans savoir exactement ce que leurs auteurs voulaient dire.

C’est ce qui rend Domme si étrange : la porte est réelle, les gravures sont réelles, et derrière chacune d’elles il y a forcément une main, une attente et une histoire. Le reste appartient au mystère.

Château de Fénelon à Sainte-Mondane
Sainte-Mondane

Souterrains et trésor de Fénelon

Des passages cachés sous le château et un trésor disparu pendant les guerres de Religion.

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Photo : Périgord Noir Vallée Dordogne.

Sous le château

À Fénelon, on raconte que le château ne s’arrête pas à ce que l’on voit. Sous les murs, des galeries partiraient dans plusieurs directions. L’une rejoindrait l’église de Sainte-Mondane. D’autres déboucheraient plus loin, dans les bois, assez loin pour permettre de quitter la forteresse sans être vu.

Pendant les sièges et les guerres, ces passages auraient servi à fuir, à faire entrer des vivres ou à déplacer ce qui ne devait surtout pas tomber entre de mauvaises mains.

C’est là qu’apparaît la seconde histoire. Pendant les guerres de Religion, la famille de Salignac aurait caché une partie de ses richesses avant une attaque : pièces d’or, bijoux et objets précieux selon les versions. Le trésor aurait été descendu dans les profondeurs du château, puis l’entrée aurait été condamnée.

Personne ne l’aurait retrouvé. Alors, forcément, chaque cave murée, chaque escalier qui descend et chaque passage sombre donne envie de regarder un peu plus loin.

Le château domine toujours la vallée. Et quelque part sous ses pierres, la légende dit qu’un passage oublié — ou quelque chose de beaucoup plus précieux — attend peut-être encore dans le noir.

PÉRIGORD — 1954ARCHIVES
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Des « soucoupes volantes » dans le ciel ?

En octobre 1954, plusieurs témoignages d’objets étranges sont rapportés en Dordogne, dont à Sarlat et dans la vallée de la Vézère.

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La grande vague française de 1954

L’automne 1954 est l’un des grands moments de l’histoire française des « soucoupes volantes ». Pendant quelques semaines, les journaux régionaux et nationaux publient quotidiennement des témoignages de disques, cigares, boules lumineuses et autres objets étranges aperçus dans le ciel.

Le Périgord n’échappe pas à la vague. Dans son édition du 9 octobre 1954, La Voix du Périgord publie un article au titre assez incroyable : « Les soucoupes en visite au pays du Cro-Magnon ». Le journal rassemble plusieurs observations réalisées quelques jours plus tôt dans le département.

Roger Ravidat, l’un des découvreurs de Lascaux, raconte notamment avoir aperçu à Lavalade une sphère très lumineuse, estimée à environ un à un mètre cinquante, qui survolait la vallée de la Vézère en tournoyant. Le phénomène aurait ensuite été observé vers le Chambon, apparemment beaucoup plus proche.

À Trémolat, dans la nuit du 5 octobre, une cultivatrice affirme avoir vu trois boules lumineuses superposées et reliées entre elles, de couleurs blanche, verte et rouge. Deux autres globes lumineux seraient ensuite apparus et auraient éclairé les arbres des coteaux voisins avant de disparaître. Le récit décrit une témoin suffisamment effrayée pour rentrer précipitamment chez elle et fermer sa porte.

Et Sarlat apparaît elle aussi dans les récits de cette semaine étrange. Le 5 octobre, on parle d’un « cigare » accompagné de trois soucoupes dans le ciel. Le témoignage est bref, presque frustrant : quelques mots, puis plus rien.

Ce qui rend cette histoire aussi troublante, c’est l’accumulation. En quelques jours, plusieurs personnes, dans plusieurs coins du Périgord, lèvent les yeux et racontent avoir vu des lumières ou des formes inhabituelles. À Trémolat, une témoin rentre chez elle terrorisée et ferme sa porte. Dans la vallée de la Vézère, une sphère lumineuse semble se déplacer au-dessus du paysage. À Sarlat, on parle de soucoupes.

Puis la vague retombe. Les journaux passent à autre chose. Les lumières disparaissent. Et soixante-dix ans plus tard, il reste ces récits, quelques lignes dans la presse… et cette question toute simple : qu’est-ce qu’ils ont vu cette nuit-là ?

Pourquoi autant d’histoires ici ?

Le décor aide énormément

Des forêts profondes, des vallées isolées, des grottes, des châteaux, des ruines et des siècles de conflits : le Périgord Noir avait tout ce qu’il fallait pour fabriquer des légendes. Certaines font peur, d’autres font sourire, mais elles racontent aussi la façon dont les habitants ont imaginé leur territoire au fil du temps.

Dans le Périgord Noir, les pierres parlent encore. Il suffit parfois de rester un peu trop longtemps après la tombée de la nuit.

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