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Le souverainisme est-il mort ? Le constat cash de Greg Tabibian

Publié le 2 août 2026

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Le souverainisme est-il mort ? Le constat cash de Greg Tabibian

Invité au Cercle Aristote pour remplacer Pierre-Yves Rougeyron, Greg Tabibian a livré une longue conférence consacrée à l’état du souverainisme français. Son constat est sévère : si l’idée demeure pertinente, ses expressions politiques actuelles « sentent sérieusement le formol ». Trahisons partisanes, incapacité à s’unir, absence d’incarnation et concurrence de la droite identitaire : le vidéaste et commentateur politique dresse le portrait d’une mouvance épuisée, mais dont les aspirations restent profondément présentes dans la société française.


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Une idée toujours actuelle, mais des partis à bout de souffle



Le souverainisme repose sur une idée assez simple : un peuple doit pouvoir décider lui-même de son avenir. Cela concerne la politique, l’économie, les frontières, les services publics ou encore les relations avec les autres pays. En clair, les décisions importantes ne devraient pas être prises sans l’accord des citoyens ou imposées par des institutions extérieures. Pour Greg Tabibian, cette idée reste totalement actuelle. Le problème vient surtout de ceux qui prétendent la défendre. Les partis souverainistes se seraient progressivement enfermés dans les guerres d’ego, les disputes internes et les stratégies électorales qui ne fonctionnent pas. Ils auraient aussi beaucoup de mal à renouveler leurs idées, leur image et leur manière de parler aux nouvelles générations. Résultat : le souverainisme donne parfois l’impression d’être coincé dans le passé. L’idée reste vivante, mais les organisations chargées de la porter semblent épuisées.

Le RN et LFI ont-ils abandonné le souverainisme ?

Greg Tabibian critique particulièrement le Rassemblement national et La France insoumise. Ces deux mouvements ont, à différentes périodes, remis en cause l’Union européenne, la mondialisation et la perte d’indépendance de la France. Mais selon lui, ils auraient progressivement abandonné cette ligne. Le Rassemblement national aurait renoncé à défendre clairement la sortie de l’Union européenne et de l’euro. L’objectif aurait été de rassurer les électeurs et les institutions, afin de paraître plus crédible et plus apte à gouverner. Le parti continuerait donc à utiliser certains thèmes souverainistes, mais sans vouloir réellement sortir du système européen actuel. De son côté, La France insoumise aurait peu à peu laissé de côté la question de l’indépendance nationale. Le mouvement aurait préféré adopter un discours plus progressiste et international, notamment pour attirer un électorat jeune, urbain et plutôt diplômé. Pour Greg Tabibian, ces deux stratégies pourraient conduire à une impasse. Sans victoire rapide ou changement de ligne, ces partis risqueraient de connaître des conflits internes de plus en plus importants.

La droite identitaire, nouvelle concurrente

Greg Tabibian s’attaque également à une partie de la droite identitaire. Celle-ci parle beaucoup de civilisation, d’immigration et d’identité européenne, mais pas forcément de souveraineté nationale. Selon lui, cette nouvelle droite aurait abandonné l’idée d’une France pleinement indépendante pour défendre à la place un grand bloc européen ou occidental. Le problème, c’est qu’un tel projet pourrait maintenir la dépendance de la France envers d’autres puissances, notamment dans les domaines économique, militaire ou diplomatique. Tabibian dénonce ainsi un « souverainisme de façade » : un discours qui parle beaucoup d’identité, mais qui ne donne pas réellement aux peuples les moyens de décider par eux-mêmes. Pour lui, défendre la France ne consiste pas seulement à parler de culture ou de civilisation. Il faut aussi pouvoir contrôler son économie, son industrie, son armée, ses lois et ses relations internationales.

Les Gilets jaunes ont montré que le besoin existe toujours

Malgré ce tableau assez sombre, Greg Tabibian estime que le souverainisme reste profondément présent dans la société. Le mouvement des Gilets jaunes en serait l’un des meilleurs exemples. Au départ, la mobilisation concernait surtout le prix du carburant et les difficultés économiques du quotidien. Mais elle a rapidement fait apparaître des revendications plus larges sur la démocratie, la justice sociale et le pouvoir des citoyens. Le référendum d’initiative citoyenne, souvent appelé RIC, est devenu l’une des principales demandes du mouvement. Son principe est simple : permettre aux citoyens de proposer directement des lois ou de se prononcer sur certaines décisions importantes. Pour Tabibian, cette volonté de reprendre le contrôle sur les choix politiques est profondément souverainiste. Les Gilets jaunes auraient donc prouvé que le besoin de souveraineté n’a pas disparu. Le vrai problème est qu’aucun parti ne semble aujourd’hui capable de transformer cette colère et ces attentes en projet politique crédible.

S’unir ou disparaître

Pour sortir de cette situation, Greg Tabibian appelle à une refondation complète du souverainisme français. Son message aux principales figures du mouvement — François Asselineau, Florian Philippot et Nicolas Dupont-Aignan — est clair : elles doivent s’unir ou accepter de disparaître politiquement. Aujourd’hui, plusieurs petits partis souverainistes défendent des idées proches, mais refusent souvent de travailler ensemble. Chacun conserve son organisation, son chef et sa stratégie, même lorsque les résultats électoraux restent très faibles. Pour Tabibian, cette division est absurde. Elle condamne le souverainisme à rester minoritaire et invisible. Il ne suffit donc pas d’avoir de bonnes idées. Il faut aussi être capable de construire une organisation commune, de dépasser les conflits personnels et de parler à un public plus large.

Changer la manière de communiquer

Greg Tabibian insiste aussi sur un autre problème : la communication. Le souverainisme serait encore trop souvent présenté à travers de longues conférences, des livres compliqués ou des débats réservés à des personnes déjà convaincues. Pour toucher les jeunes, le mouvement doit investir les réseaux sociaux et proposer des contenus plus accessibles : vidéos courtes, visuels, podcasts, formats pédagogiques et explications concrètes. Mais rendre un discours plus simple ne signifie pas l’appauvrir. Il s’agit surtout d’arrêter d’utiliser uniquement des expressions techniques. Par exemple, parler de « souveraineté monétaire » peut sembler abstrait. Expliquer que cela permettrait à un pays de mieux contrôler son économie, ses prix ou ses investissements est beaucoup plus clair. De la même manière, le mot « Frexit » peut faire peur ou paraître trop brutal. Parler de sortie des dépendances permet de recentrer le débat sur les conséquences concrètes pour la population. L’objectif est simple : reconnecter le souverainisme aux problèmes du quotidien, comme le pouvoir d’achat, l’emploi, l’accès aux services publics, l’énergie ou la démocratie.

Le souverainisme n’est peut-être pas mort

Pour Greg Tabibian, le souverainisme n’a jamais vraiment été battu sur le terrain des idées. Il s’est surtout affaibli à cause de ses divisions, de ses représentants et de son incapacité à se moderniser. Les crises récentes ont pourtant montré que les États restent indispensables. La pandémie, les pénuries, les difficultés énergétiques et la désindustrialisation ont rappelé qu’un pays trop dépendant des autres peut rapidement se retrouver bloqué. La question de l’indépendance nationale pourrait donc revenir au centre du débat politique. Mais pour cela, les souverainistes devront arrêter de parler uniquement entre eux. Ils devront proposer un projet clair, concret et compréhensible, notamment pour les jeunes générations. Le souverainisme n’est peut-être pas mort. Mais sans union, sans renouvellement et sans changement de méthode, ceux qui le représentent pourraient disparaître avant lui.

Le résumé 

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